Les rituels funéraires

Rites et pratiques pour un voyage dans l’au-delà

Les nécropoles romaines

À l’époque antique, les coutumes et les lois veulent que les nécropoles (en grec « ville des morts ») soient situées à l’extérieur des remparts ou du moins le long des grands axes menant à la cité.

La crémation :

Pratique qui consiste à brûler le corps sur un bûcher à l’emplacement même de la sépulture ou dans un lieu spécialement aménagé. On parle plus justement de crémation, car les bûchers à l’Antiquité n’excédaient pas une température de 800° C (laissant des fragments d’os) alors que pour l’incinération, la température monte jusqu’à 1600°C. Les os brûlés sont ensuite recueillis avec soin et déposés soit en pleine terre soit dans des urnes funéraires de formes et de natures diverses (céramique, pierre ou verre).

L’inhumation :

Mode d’ensevelissement qui consiste à mettre le défunt en terre, qu’il soit dans un cercueil en bois, un sarcophage en pierre ou à même la terre.Dans le cas des enfants décédés avant la venue des premières dents, ces derniers sont épargnés du bûcher et ne partagent pas les lieux sépulcraux des adultes. Les nouveau-nés sont inhumés sous le seuil ou le sol des maisons ou encore dans un espace réservé à côté des adultes.

Les pratiques funéraires des Romains évoluent. Au Ier siècle ap. J.-C., l’incinération est la plus pratiquée tandis qu’au début du IIème siècle, l’inhumation commence à s’imposer pour devenir peu à peu exclusive au IIIème siècle.

Statut social du défunt : la tombe comme indice

Quelle que soit la pratique employée, le type de tombe varie selon le statut social du défunt. Les cendres des plus pauvres sont recueillies dans des urnes sommaires et plus tard les corps sont abrités dans des sépultures modestes : des amphores, des tuiles(tegulae), des coffres en bois ou encore des fosses en pleine terre. Les plus riches font déposer leurs cendres dans des urnes précieuses. Par la suite, ils sont inhumés dans des sarcophages souvent sculptés et placés parfois dans des mausolées.

Les urnes funéraires :

Liées au rite de la crémation, les urnes funéraires sont des vases renfermant les restes ossuaires des défunts. Toujours scellées par un couvercle, les urnes sont en céramique, en plomb ou en verre. Des coffres de pierre de forme similaire pouvaient servir à protéger les urnes en verre déposées dans le sol. Lors de la crémation, le corps du défunt accompagné d’offrandes est placé sur un bûcher : vaisselle, lampes à huile, nourriture, balsamaires (flacons pour huile ou parfum), destinés à brûler ou à être déposés dans la terre avec l’urne.

Les sarcophages païens :

En grec, le mot « sarcophage » signifie la pierre qui ronge la chair. Il s’agit d’un cercueil en pierre, caractéristique des riches tombes de l’Antiquité. Ils se composent d’une cuve et d’un couvercle ou en forme de bâtière (toit) avec un fronton. Certains en marbre se distinguent tant par leur richesse iconographique que par leur qualité d’exécution.Ces pièces étaient souvent importées d’Italie ou même de Grèce. Après extraction des blocs en carrière, on procède dans des ateliers spécifiques à l’égalisation des côtés, aux dessins préliminaires, à l’élaboration grossière des bas-reliefs puis aux finitions en haut-relief. Enfin, les arêtes des volumes sont arrondies, les plis approfondis et le relief achevé au ciseau, égalisé, poli et peint. Deux techniques sont utilisées pour la mise en valeur des décors, la cernure (détourage pour isoler la figure du fond de la cuve et donner du relief et le trépan (forage manuel pour accentuer le relief).

Les sarcophages sont parfois transportés inachevés et finis sur le lieu de destination afin d’imiter le plus exactement possibles les traits des défunts, et les reporter sur les personnages figurés sur le couvercle ou la cuve.