Introduction

L’Histoire antique des Alpes-Maritimes et de la Principauté

Monoïkos, Portus Herculis Monoeci, Mourgues, Monaco…

Les hommes ont toujours eu besoin de mythes, car là où s’arrête le raisonnement, il ne reste que cette explication. L’imagination qui crée l’art crée aussi les mythes, les légendes, les épopées des héros.

Que ce soit pour les Amérindiens, les Orientaux, les Africains ou les peuples nordiques, mais aussi pour les Grecs et les Romains, les mythes sont à la fois universels et différents. Le milieu naturel y joue un grand rôle, parfois incarné par un dieu ou un personnage. Il nous faut donc bien reconnaître que ces mythes font partie intégrante de l’Anthropologie : connaître un peuple c’est aussi ne pas négliger l’étude de ses mythes.

Ces mythes viennent de très loin, par tradition orale. Pour chaque peuple, ils sont considérés comme véridiques ; souvent d’ailleurs, les mythes et croyances d’un peuple paraissent pour un autre sans fondement, parfois même ridicules. Pourtant, les étudier de plus près peut nous permettre de mieux comprendre les autres peuples, ceux d’aujourd’hui et d’autrefois, et dans le cadre de cette exposition le peuple romain ainsi que les peuples conquis.

Le mythe d’Hercule

Hercule est l’un de ces mythes, et l’un des plus célèbres. C’est celui de la conquête d’une région hostile et barbare par un héros gréco-romain, bienfaisant et protecteur. Grâce à lui, l’ouverture de routes importantes à travers la Gaule va permettre la colonisation romaine et l’acculturation des populations. Alors qu’il revenait d’Espagne où il avait vaincu le géant Géryon, Hercule s’arrêta longuement au pied du mont connu aujourd’hui sous le nom de Mont Agel, sur lequel les descendants des Phéniciens vénéraient leur dieu Melkhart, protecteur des marins. Impressionnés par la force et le courage du héros, ils l’assimilèrent à leur dieu. Hercule fonda alors le port qui porte son nom : Portus Herculis. La route qu’il avait empruntée fut nommée voie Héracléenne1.

1 Tiré de Ammien Marcellin (vers 330-395), Histoire de Rome, livre 15, 10.

Au Vème siècle avant Jésus-Christ, les Phéniciens s’installent dans la région, se heurtant aux populations déjà établies, comme les Celto-Ligures, avec qui ils commerçaient déjà. Ils consacrent alors le Mont Agel à leur dieu Melkhart-Hercule.

Vers le IIème siècle avant notre ère, c’est au tour des Romains de repousser les Phéniciens pour s’emparer du port, baptisé alors Portus Herculis Monoeci.

Depuis la première moitié du XIXème siècle, les nombreuses découvertes archéologiques, terrestres et sous-marines, nous ont livré des témoignages variés des peuples qui nous ont précédés ; témoins parfois prestigieux, parfois simples, mais toujours touchants, ils évoquent l’itinéraire de vies disparues… Les vies d’hommes qui nous ressemblaient.