Monaco

Il était une fois Monaco

La bande côtière des Alpes maritimes (Alpes du Sud) est une région particulièrement accidentée qui présente de nombreuses zones refuges, offrant aux habitants depuis la préhistoire jusqu’à nos jours des abris sûrs. L’interface d’un pays à fort relief et d’une mer sans marée présente un aspect déchiqueté dû à la succession de baies et de caps compartimentant le littoral.

Ainsi, ici à Monaco, l’homme fréquente très tôt le territoire monégasque comme en témoignent les restes archéologiques (outils en pierre et en os) et fauniques (ossements d’animaux chassés) mis au jour dans les grottes de l’Observatoire (Jardin Exotique) et de Saint-Martin (Monaco-Ville). Ces occupations se poursuivant de manière sporadique jusqu’au Néolithique (grotte Barriera aux Révoires) et à l’âge du Bronze (grottes des Spélugues et des Moulins).

Plus tard, des groupes celto-ligures construiront des structures fortifiées (Castellara des Ligures du quartier des Révoires à Monaco) et verront arriver par la mer les peuples phénico-puniques. Des échanges avec des cités grecques d’Occident ainsi qu’avec des Etrusques sont attestés dès le VIIIe siècle av. J.-C., ils vont marquer le début du rôle d’abri et d’escale de l’anse naturelle monégasque.

Entre mer et montagne, «l’amphithéâtre monégasque» est cernée au N et à l’W par d’importantes lignes de relief (Tête de Chien, Mont Agel, Tour de l’Arme, …) qui constituent une barrière naturelle difficilement franchissable. Il faut noter que la voie de passage la plus ancienne que l’on connaisse (Via Julia Augusta) quittait le bord de mer entre Menton et Roquebrune pour s’élever à flanc de montagne jusqu’au col de la Turbie.

Cette position privilégiée assure à ce territoire un microclimat particulièrement clément (température moyenne annuelle douce, faible importance des vents, gelée rarissime et pluviométrie suffisante pour maintenir la pérennité des sources). Le régime actuel des vents qui ne doit pas beaucoup différer de celui de l’Antiquité, montre la prédominance de deux directions : le vent d’E ou Levante et le vent du SE ou Lebeciü, les autres vents : Mistral ou Mistrau, Sirocco ou Scirocu et vents du N sont moins fréquents et surtout peu influents sur l’anse portuaire du fait de la protection offerte par le relief. Seuls les forts vents d’E sont dangereux car l’anse est largement ouverte à l’E et tout navire mal arrimé risque de se retrouver échoué sur la plage ou pire drossé sur les rochers.

Enfin pour ce qui concerne l’implantation humaine durant l’Antiquité romaine, qu’elle soit autochtone ou étrangère, nous avons très peu d’informations. On peut supposer un bâti principal sur le Rocher, peut-être à l’emplacement de l’actuel Palais princier (on construit là où on a déjà construit) et un habitat dispersé autour de la rade Portus Monocei. Ainsi, il a été retrouvé à l’emplacement de l’actuelle caserne des pompiers (anciennement «Les Gazomètres») les restes d’une nécropole mais aussi la cache du Trésor de Monaco. Ailleurs, par exemple au quartier de la Colle, aux Moneghetti, à la Condamine, … il a été retrouvé lors de travaux durant la seconde moitié du XIXe siècle, des tessons de céramiques, des fragments de tegulae et de vases ou d’urnes funéraires, de nombreuses monnaies qui sont une aubaine pour les archéologues car elles permettent une datation précise. Mais la découverte la plus importante, reste l’épave A du port de Monaco qui a pu être fouillée et documentée durant les années soixante.