Les verriers

Les artisans verriers

Avant l’invention des techniques et des fours permettant d’atteindre une température suffisante pour que les composants du verre fondent, la plupart des objets sont fabriqués à la main et de petite taille, en pâte de verre très opaque semblable à de la céramique. À partir du Ier siècle av. J.-C., l’acquisition et la diffusion de la technique du soufflage constituent le point de départ de la production en grande quantité de verre courant, à des coûts relativement bas, qui devient ainsi un matériau à la portée de tous. Cette nouvelle technique se répand rapidement dans tout l’Empire grâce à une série de facteurs politiques, économiques et techniques. De nombreux artisans verriers s’installent dans les provinces occidentales de l’Empire amplifiant le mouvement. Un four de verrier devant lequel se relaient 2 maîtres peut produire sur une année (1 année≈200 jours ouvrables si l’on se réfère aux calendriers romains connus) entre 11 000 et 36 000 pièces. Etendu à l’Empire, on estime qu’au IIème siècle ap. J.-C., la production dépasse les 100 millions de pièces pour une population totale estimée à 54 millions d’habitants.

Vaisselle et divers

La vaisselle domestique en terre cuite et en métal est progressivement remplacée par une vaisselle en verre à laquelle on reconnaît des qualités particulières très appréciées pour la conservation des fruits, des aliments, des boissons et des substances pharmaceutiques. Autre argument en faveur de son développement, son coût. Des archéologues italiens se sont livrés à une étude comparative de la valeur de divers objets et denrées d’usage quotidien : les prix de la vaisselle en verre et de celle en argile sont sensiblement les mêmes.

Utilisées en cuisine, les ollae sont des pots avec ou sans anses, de dimensions variées. Servant aussi bien à conserver des aliments dans le garde-manger qu’à servir les mets à table, elles peuvent aussi avoir un usage funéraire en tant qu’urnes cinéraires (cendres).

Certains objets en verre ne sont pas des objets usuels : ils se distinguent par leur couleur et par leur forme et font alors partie des objets raffinés et d’une grande rareté. Réalisés dans des ateliers spécialisés, ils prennent place au côté de la vaisselle de « prestige » en argent. Le verre permet aussi de fabriquer d’autres produits comme des jetons de jeux en verre coloré ou en verre millefiori, en référence aux points de couleur composant ce verre et ressemblant à des petites fleurs.

Les bijoux

Dès l’âge du bronze, on trouve en Europe des bijoux en verre qui sont des objets d’importation. Ces ateliers s’installent vers 900 av. J.-C. La matière première vient de Syrie sous forme de blocs de verre brut. Ce sont les ateliers primaires. Le verre à cette époque se compose d’un mélange de silice fondue et de carbonate de sodium hydraté ou natron auquel s’ajoutent des oxydes métalliques : cuivre, manganèse, oxyde de fer ou d’étain, afin de le colorer. Le verre incolore est obtenu en ajoutant du dioxyde de manganèse.

À l’époque romaine, les bracelets en verre sont très appréciés, car très beaux et peu coûteux, et imitant fort bien les pierres fines. C’est le même procédé utilisé pour la diffusion des intailles en pâte de verre qui se substituent aux pierres plus coûteuses comme les cornalines ou les onyx. Très souvent, on retrouve ce type d’objet dans les sépultures où la famille les place près du défunt.

Après la technique du verre moulé utilisé relativement peu de temps dans l’Antiquité romaine (jusqu’au milieu du Ier siècle av. J.-C.), le verre soufflé apparaît, ainsi que la canne à souffler. On voit alors se multiplier les ateliers secondaires dès le Ier siècle après notre ère. Si nous disposons de nombreux objets en verre datant de l’époque romaine, il nous reste cependant très peu de vestiges d’ateliers et d’outils. Sur une lampe datant du Ier siècle ap. J.-C., on peut voir une scène représentant des souffleurs de verre. À cette même époque, le verre noir utilisé depuis le Ier siècle av. J.-C. est en déclin mais il reprend vigueur dès le IIème siècle. Pour obtenir cette coloration, la quantité d’oxyde de fer est augmentée.