Les monnaies

Une invention du VIIème siècle av. J.-C.

La monnaie est née en Asie Mineure, dans l’actuelle Turquie. Les fleuves de cette région, comme le Pactole, ont la réputation de charrier des paillettes d’or dans leurs alluvions. Au début du VIIème siècle av. J.-C., naît l’idée de diviser le métal fondu à partir des pépites et paillettes en petites quantités de même poids, estampillées pour les utiliser dans les échanges commerciaux. La valeur de la monnaie est alors celle de l’or. Peu à peu, on diversifie les estampilles : divinités, rois, animaux etc…

D’Asie Mineure, la monnaie gagne l’empire Perse, la Grèce continentale et les îles cycladiques. Les campagnes militaires ainsi que le trafic commercial achèvent de propager l’usage de la monnaie autour du bassin méditerranéen.

L’apparition de la monnaie et sa très grande diffusion ont constitué un phénomène important dans les sociétés antiques en se substituant au troc et en présentant un instrument d’échange garanti par un état. Il ne faut cependant pas simplifier à l’excès ce passage du troc à l’économie monétaire : il existait déjà chez certains peuples de l’Antiquité des biens de valeur stable qui faisaient figure d’instrument d’échange : ainsi les romains au début de leur histoire, comme d’autres peuples, se servaient du bétail. C’est d’ailleurs le terme de pecunia issu de pecus, le bétail, qui désigne la monnaie dans le monde romain. Les premiers lingots estampillés (Aes signatum) portent la représentation d’un boeuf en souvenir de cet ancien moyen d’échange.

Usage(s) détourné(s)

Dans le monde romain, l’activité des faussaires semble prendre une importance croissante dans l’histoire monétaire de Rome au point qu’on peut se demander s’il ne faut pas attribuer à l’Etat lui-même certaines émissions de monnaies fourrées, c’est-à-dire obtenues par la soudure autour d’un morceau de métal vil d’un droit et d’un revers constitués d’une très fine pellicule de métal précieux.

On voit aussi apparaître des monnaies dites hybrides qui frappées à partir de coins volés dans les ateliers monétaires présentent des combinaisons inattendues de droit et de revers.

Plus délicate comme falsification, celle qui consiste à modifier le type de droit ou de revers pour donner à la monnaie une valeur supérieure. Cela arrive, par exemple, avec certaines frappes de Trajan Dèce qui sont susceptibles d’être altérées par les faussaires en remplaçant le portrait impérial à couronne laurée par une tête radiée afin de transformer des sesterces en double.

La législation est sévère pour les faux-monnayeurs d’or et d’argent : la mort, l’exil dans une île, ou encore l’amphithéâtre et ses fauves. Quant aux esclaves, c’est la crucifixion. En revanche, aucune loi ne prévoit de sévir contre ceux fabriquant de la fausse monnaie de bronze !

Dans la réalité, les fausses monnaies devaient être si difficiles à faire circuler qu’on les trouve plutôt comme offrandes votives ou funéraires car on ne peut guère les utiliser autrement qu’en les offrant à la divinité.