La Via Julia Augusta

Sur la route…

Les Romains possèdent un immense réseau routier qui, à l’apogée de l’Empire, s’étend sur plus de 150 000 km. Si l’on en croit les historiens latins comme Tite Live, le premier constructeur de routes est Appius Claudius le Censeur qui, en 312 avant J.-C., construit la route qui porte son nom, la Via Appia, principale route menant de Rome au sud de l’Italie.

Si la première utilisation du réseau sous la République est militaire, très rapidement celui-ci se révèle un excellent moyen d’échanges économiques utilisé parallèlement aux voies maritimes. La route permet d’atteindre l’intérieur des provinces et d’assurer l’approvisionnement et le développement économique de ces zones.

On distingue 3 types de voies principales :

1. Les viae publicae (voies publiques) ou consulares (voies consulaires)

Ces grandes voies de l’Empire relient les grandes cités entre elles. C’est l’État qui, en général, finance leur construction, mais ce sont les cités et les propriétaires des domaines traversés par ces voies qui doivent ensuite les entretenir. Elles portent souvent le nom de la personne qui est à l’origine du projet de construction, Auguste pour la via Iulia Augusta par exemple. Leur largeur moyenne est de 6 à 12 m.

2. Les viae vicinales (voies vicinales)

Elles constituent le réseau secondaire qui se développe à partir des viae publicae et qui permet de rejoindre les villes secondaires ou les villages (vici). Elles représentent la majorité des voies du réseau. Leur largeur moyenne est d’environ 4 m.

3. Les viae privatae (voies privées)

Elles relient les grands domaines, les villae, aux viae vicinales et publicae. Elles sont réservées à l’usage exclusif du propriétaire qui les finance en totalité. La largeur moyenne d’une via privata est de 2,50 à 4 m.

Sur la route, circulent des légions, des commerçants, des messagers du cursus publicus (poste impériale réservée à l’usage de l’empereur et de sa famille), des membres de l’administration, des athlètes qui participent aux différentes compétitions et des milliers de citoyens ou d’étrangers qui voyagent dans tout l’Empire. Les routes sont placées sous la protection des dieux, notamment Mars et surtout Mercure protecteur des voyageurs.

L’aménagement de la voie

À intervalles très réguliers, afin de se repérer dans l’espace, les ingénieurs romains érigent, en bordure des viae publicae et vicinales, des bornes milliaires. Ce sont souvent des colonnes cylindriques hautes de 2 à 4 m et de 50 à 80 cm de diamètre, avec une base cubique, le tout planté dans le sol à environ 80 cm de profondeur.

Sur chaque borne milliaire se trouvent plusieurs types de renseignements : le nom de l’empereur qui a ordonné la construction ou la réfection de la voie, ses titres, et parfois les distances entre l’endroit où la borne milliaire est placée et les prochaines étapes sur la route.

Pour le confort des équipages et des voyageurs, l’administration romaine installe des stations routières le long des voies, les mutationes et les mansiones.

– la mutatio est un relais que l’on trouve tous les 10 à 15 km, pour le changement éventuel de monture.

– la mansio est une sorte d’auberge que l’on trouve environ tous les 30 à 50 km et qui représente l’étape du jour.

 

Les distances sont exprimées en milles : 1 mille romain correspondait à 1 000 pas (en réalité, double pas) soit 1.48 mille = 1480 km

Dans certaines régions de Gaule, on utilise la lieue gauloise qui équivaut à plus de 2400m ; ce qui peut changer considérablement les temps de parcours !